CHANGEONS DE CAP 

Nous aimerions vous soumettre, Messieurs les dirigeants, quelques autres façons, sans aucune prétention d’exhaustivité, d’appréhender les principaux problèmes économiques, et d’émettre des solutions pour les résoudre. Elles ont pour elles de stigmatiser certaines des vraies causes qui gangrènent le système, et auraient pour effet de fédérer derrière les dirigeants, qui enfin les dénonceraient dans le but de les résoudre, l’immense majorité des peuples et des nations.
 

SOMMET DES DIRIGEANTS

Il faut, convoquer un sommet mondial des dirigeants. Pas de ceux convoqués actuellement, antidémocratiques, non représentatifs de l’ensemble des nations, mais un véritable sommet. Ayant pour tâche, par une volonté unanime, de réduire la mainmise de la spéculation, la mainmise de l’usure, la mainmise de la plus-value non productives, non justifiées, et non justifiables sur les marchés boursiers internationaux. Sommet, dont la volonté, dans un premier temps, sera d’affaiblir cette hydre, en la réduisant à la soumission politique, pour qu’elle ne puisse plus jamais soumettre l’humanité sous son joug.              La seconde phase sera d’extirper, parfaitement, sans retour possible, ce serpent de Lerne. De l’éradiquer avec des armes législatives, mondiales, impossibles à détourner ou à interpréter.
 

SPÉCULATION & MONOPOLES

Il faut interdire toutes spéculations, sur tous les produits. Qu’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas d’interdire les bourses, mais les produits financiers à court terme dont elles permettent la création actuellement. Les bourses ne doivent être qu’un outil pour le capital productif, à moyen et long terme.
Il faut interdire absolument tous les monopoles, alimentaires, énergétiques, etc. en favorisant la concurrence. L’enjeu est de mettre au ban de la société et de l’opinion publique, le pire de tous. Celui mis en place par certains États, ayant une action corrosive sur toute l’économie mondiale, l’OPEP pour ne pas la citer. L’OPEP n’a pas pour seule tare d’être un monopole, elle trompe, elle manipule, elle fabrique une pseudo-pénurie énergétique, favorisant une montée des prix exorbitants. Tous les monopoles sont considérés comme illicites par presque la totalité des États. Il faut, s’atteler à démembrer celui-là ? Le pire de tous !
Il est vrai qu’il est plus facile d’attaquer Microsoft. Pourtant, si nous mettons en balance les maux engendrés par l’un, et ceux causés par l’autre, pas besoin d’être grand clerc, ni grand économiste, ou fin politique, pour s’apercevoir que dans cette affaire, Microsoft n’est qu’un enfant de chœur, en comparaison de ce monstre hideux, multitentaculaire, générateur de pénurie fabriquée, et coupable de mort, qu’est L’OPEP.
 

INTÉRÊTS DE LA DETTE

Il faut, d’une façon concertée et globale, réduire le montant des intérêts de la dette. Cela d’une façon drastique, je dis même qu’il faut l’annuler, pour tous les pays endettés. Pour la France cela représente, 45 milliards d’euros par an ! Soit, pour cette année 74% du budget de l’Éducation nationale, qui est de 60.8 milliards d’euros en 2010.
Et, n’allez pas nous dire que cela serait un désastre pour les banques, et pour l’économie. Que par ce fait elles ne pourraient plus prêter aux entreprises. Cela fait bien longtemps qu’elles ne font plus leur travail de banques. L’argent qu’elles devraient prêter aux entrepreneurs va à la spéculation. Quand elles prêtent, elles le font à des taux prohibitifs, par l’intermédiaire de succursales dont elles sont actionnaires. Dont elles cachent les accointances, par des noms d’enseignes commerciales qui n'ont rien à voir, à première vue, avec les leurs. Cela trompe le commun des mortels, mais nous ne sommes pas dupes. Les taux de ces sociétés-écrans sont tellement élevés qu’ils équivalent, en fait, à la prohibition du prêt !
 

NOUVELLE REDISTRIBUTION

Il faut revoir, globalement le système de redistribution des richesses. Cette redistribution doit favoriser l’enrichissement de tous les acteurs de la production, les financeurs actionnaires, les producteurs salariés, et enfin les États régulateurs et constructeurs d’infrastructures. Ils participent tous, dans leur catégorie, à la production et permettent la génération de cette richesse.
J’entends par financeurs, les actionnaires dans les entreprises par actions et aussi les investisseurs dans les entreprises en nom propre. Pas les banques, sinon en faisant leur travail, à des taux d’intérêts raisonnables, qui permettent un endettement sain, et la réalisation de projets producteurs de richesses.
Aucun de ces trois acteurs ne doit être oublié, sous peine de gripper la machine économique. Surtout pas le salariat qui, tout simplement, structurellement, par la quantité qu’il représente, devient le principal facteur de croissance. Plus le pouvoir d’achat augmente, plus le besoin productif augmente. Les systèmes économico-politiques actuels lèsent particulièrement cette partie, ils s’amputent, en commettant cette erreur du carburant dont ils ont besoin pour fonctionner.
A contrario, les faveurs outrancières et la permissivité spéculative que les systèmes économico-politiques accordent aux actionnaires, malgré la petite quantité qu’ils représentent, le peu d’achats productifs qu’ils font, et les richesses énormes qu’ils accumulent, finissent par étouffer l’économie. Ce petit groupe n’ayant plus, à la longue, d’alternatives d’enrichissement, ils se tournent, inéluctablement, vers la spéculation financière. Ils empêchent, par les richesses outrancièrement accumulées dans leurs girons, la demande productive. Production de Richesses qui, ci elles étaient justement redistribuées – dans tous les sens du terme –, garantirait la sortie de ce cercle vicieux par une forte demande productive. Cercle vicieux, qui jusqu’à présent, immanquablement, étouffe à plus ou moins long terme nos systèmes économiques. Provoquant par le mécontentement généralisé la montée des extrêmes, et, pour finir, une déflagration guerrière mondiale.
La voix à suivre serait d’agir directement sur la redistribution en attribuant au salariat, au prorata de leur salaire, une part plus importante de ces richesses que sont les bénéfices de l’entreprise. Nous pensons à la répartition suivante des bénéfices, un tiers pour l’État, un tiers pour l’actionnariat, un tiers pour le salariat. Dans les petites entreprises l’investisseur étant très souvent salarié, il cumulerait les deux parts, celle du capital et celle du salariat.
L’action de ces quatre leviers aurait un effet immédiat sur la santé économique mondiale. Que les sbires de l’enrichissement non productif, à la botte du système actuel, ne viennent pas nous dire que cela est impossible à réaliser. Il ne manque pour la réalisation de cet objectif, actuellement, qu’un ingrédient, une volonté politique farouche des dirigeants de tous nos États. Par cette action créatrice de bien-être, ils seraient enfin en phase avec leurs concitoyens. Certains détenteurs de capitaux pourraient à première vue penser à un marché de dupe. Ils se trompent, qui préférerait avoir 60 % de 10, plutôt que 30 % de 100 ?
 

LE POINT CRITIQUE

Il ne faut jamais oublier un grand principe économique. Principe ignoré, bizarrement, de tout le monde, surtout, curieusement, et cela est très grave, des économistes. La redistribution des richesses produites par l’activité économique à l’un des participants, qui est, l’État, le capital, ou le salariat, ne doit jamais descendre au-dessous d’un point de redistribution critique. Point d’équilibre, qui s’il est dépassé, trop amplement, au détriment de l’une ou de l’autre de ces parties, fait s’écrouler le système tout entier.
L’objet de cet écrit n’est pas la réalisation d’une thèse. Nous vous épargnerons les développements et les argumentaires liés à ce genre d’objet. Le but de cet article est, seulement, de faire comprendre qu’il y a d’autres voies. Qu’elles sont inéluctables, elles se mettront en place, j’espère par l’intelligence, non par la force.
Cette politique économique doit remettre l’argent à l’endroit qu’il ne doit jamais quitter, celui de l’échange. L’enrichissement, par le bénéfice, ne devant être possible que pour l’investisseur qui a permis la réalisation du projet, c’est-à-dire l’actionnariat dont l’argent finance les moyens de production, et son partenaire le salariat, qui fabrique l’objet, ou réalise le service.
Dans notre conception, le salaire ne doit représenter que la contrepartie de la réalisation d’une tâche donnée, évaluée selon la difficulté physique, intellectuelle, ou celle de la dangerosité. Il ne doit jamais être calculé du point de vue du potentiel espéré de la plus-value produite. Le salaire doit être totalement détaché de la richesse éventuellement produite.
Nous devons être payés pour exécuter un travail donné, et seulement pour cela. Si ce travail produit de la richesse, comme tous les autres acteurs majeurs de l’économie, État, actionnariat, le salariat doit participer au partage des bénéfices, au même titre et au même degré que les autres.
Ce postulat n’est pas négociable, il est la condition sine qua non pour la réalisation d’une véritable économie dispensatrice de bien, et réalisatrice de développement, pour l’humanité tout entière. Il est une réalité intangible, les peuples l’imposeront, ou il s’imposera de lui-même, si nos dirigeants n’ont pas l’intelligence de le mettre en place rapidement.
 

CHOISIR SON CAMP

Un jour il faudra choisir, non pas son parti, mais choisir son camp. Il faudra choisir, entre celui des vautours de la finance, inventeurs de poison, ou celui de la production et du travail, inventeurs de produits d’intérêt général. Ces deux entités ne peuvent vivre ensemble sans que le premier au détriment du second ne le vide de sa substance régénératrice.
La réalisation de ces solutions véritables nous attirera les foudres des voleurs patentés. Il ne faut surtout pas les sous-estimer, car leur attirail de répression ne s’arrête pas à la peau de banane. Il est à la mesure de leurs moyens inépuisables et de leur intelligence sophistique. Leurs procédés vont de la « loi » faite sur mesure pour eux, en passant par la manipulation, le bluff, le chantage, la corruption étatique, et pour finir, si cela ne suffit pas, l’assassinat.
Mais nous pouvons vous assurer que ceux qui seront les annonciateurs de l’écriture du second chapitre de l’histoire de notre humanité auront avec eux tous les autres citoyens. Ceux qui veulent, pour l’avenir, et pour leurs enfants, une société meilleure, plus juste. Une société où les richesses produites n’iront plus aux usuriers spéculateurs. Nous ne voulons pour sociétés que celles, où les banques prêtent ; où les assurances assurent ; où les députés légifèrent ; où les forces de l’ordre protègent les citoyens, pas l’État policier ; où l’économie est une machine à redistribuer la richesse produite, où la spéculation économique est interdite ; où les juges rendent la justice, sans faire la loi ; où l’État ne se substitue pas aux législateurs. Je m’arrête là après ces quelques exemples, car la liste est trop longue et est connue de tout le monde.
 

MANICHÉISME IMBÉCILE

Nous ne voulons plus de cette société, soi-disant nationale. Coupée en deux, voulant faire croire que d’un côté il y a les bons et que de l’autre il y a les méchants. Nous en avons assez de cette partition manichéenne, artificielle et primaire de droite et de gauche, qui ne sert que les intérêts de ceux qui se moquent de la nation comme de leur première chemise, et qui dans cette partition artificielle et antidémocratique, trouvent leur bénéfice. Celui d’un pouvoir illusoire, infertile, réducteur de tête, donc d’intelligence globale.
Cette situation n’est que transitoire, elle aboutit fatalement, eu égard à la faillite, économique, politique, judiciaire et sociale de ces deux blocs, toute rôtis dans les mains avides de pouvoir de leurs extrêmes, chacun pour leur camp.
Les dirigeants qui aborderont ces vrais problèmes lançant une réflexion de fond sur les moyens de les régler n’auront aucun mal pour se faire élire. Car, il en va véritablement de l’intérêt général. Ils seraient certainement surpris par l’ampleur de la réaction citoyenne. Le citoyen ne se trompe pas, quand il en va de la mise en place d’une politique visant les intérêts de la nation donc du sien. Une politique, engageant la nation dans tous ses composants, est toujours acceptée ou rejetée massivement. Souvenez-vous de l’élection de 2002 en France, l’enjeu était réellement sociétal, peu d’abstention, plus de partis. Les gens qui se disaient de gauche ont voté à droite, pour leur soi-disant grand ennemi, tout simplement pour contrer l’extrême droite.

Roger MESTRES - avril 2005

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