PLAIDOYER POUR UNE SOCIÉTÉ NOUVELLE


JEU DE RÔLE

Avant tout, nous proposons un petit jeu de rôle à nos dirigeants.

Qu’ils se mettent dans la peau de gens qui proposeraient la mise en place d’une société, la nôtre, à des hommes qui auraient décidé, en contrepartie de la perte d’un peu de leur liberté, d’en accepter une, censée leur apporter le mieux-être. Il faudrait qu’ils soient de bons commerçants pour vendre cette poudre de perlimpinpin toxique. Puis, qu’ils soient de bons avocats pour en défendre, par des sophismes appropriés, son contenu inique. Imaginez, cette belle société où tout en désordre :

- Les plus faibles seraient tondus par les plus forts.

- Les citoyens qui auraient travaillé, pour elle, toute leur vie, se verraient imposer des retraites, pour la grosse majorité, dérisoires, qui ne leur permettraient pas de payer un loyer dans les endroits les plus sordides.

- Les droits des délinquants et des criminels seraient plus protecteurs que ceux de leurs victimes.

- Cinq millions de personnes seraient des inactifs obligées.

- Les forces de l’ordre défendraient, d’abord, le plus fort avant de protéger le plus faible.

- Les organisateurs de cette société demanderaient de les laisser en place, coûte que coûte, vaille que vaille, nous diraient que la politique est un métier, et que nous devrions les laisser faire.

- L’énergie, la nourriture, l’eau, le capital seraient détenus par une minorité de voleurs, créateurs de pénuries fictives.

- Les dirigeants, et l’opposition seraient des gestionnaires de crise, générée par leurs financeurs de campagne, dont il serait les prisonniers, et non des dispensateurs d’idées pour un monde futur, et meilleur.

- L’État et les juges feraient la loi.

- Les députés du peuple ne seraient que des prétextes à l’irréalité démocratique.

- La spéculation non productive serait érigée en dieu, et détiendrait les moyens de production, les liquidités, les matières premières, du sous-sol et des cultures.

- La justice sous des prétextes fallacieux d’égalitarisme, pris au premier degré, assenerait des amendes équivalentes aux citoyens gagnant 1 300 € et à ceux qui en gagnent 130 000 €.

La liste évidemment est loin d’être exhaustive.

Je pense que même les meilleurs marchands et les ténors du barreau n’arriveraient pas à faire avaler, à ces hommes, cette couleuvre, qui d’ailleurs n’en serait pas une, puisque ce marché de dupe serait une proposition d’incarnation de vipère venimeuse.

À mon humble avis, ils se feraient lapider, en proposant cette société. Peut-être, s’ils tombaient sur des hommes un peu plus civilisés, se feraient-ils enfermer dans un lieu sûr, pour qu’ils ne puissent jamais en sortir. Ou encore, s’ils avaient la chance que ces gens aient de l’humour, alors, peut-être, qu’ils se verraient proposer de belles tournées, dans un cirque, pour faire éclater les gens de rire.
 

UN AUTRE AVENIR EST-IL POSSIBLE ?

Premièrement, nous ne voulons pas de capitaines de navire qui sachent manœuvrer sur une mer calme seulement.

Nous voulons qu’ils sachent prévoir les tempêtes, pour ne jamais mettre leur équipage en péril.

Nous voulons aussi qu’en cas de déferlantes, ils sachent redresser la barre. Même si pour ce faire, ils doivent employer des moyens peu orthodoxes, de ceux que l’on n’apprend pas par cœur à l’école. Qui découle de l’appréhension d’une situation donnée, et qui demande plutôt que de grandes théories, une réponse pragmatique, directement liée à la situation.

L’enjeu est important, l’avenir de l’humanité en dépend, mettre en place des solutions, sans guerre, sans révolution violente, sans appropriation des biens d’autrui. Même si pour certains ils ont été acquis par des moyens peu scrupuleux. Sans partition de la nation, qui ne sert que les intérêts des gens mal intentionnés. Une société où, plutôt que la discorde, la complémentarité est recherchée, une nation érigée dans le respect de l’intérêt général.

N’écoutez pas leurs mensonges qui ne servent qu’eux-mêmes. Des solutions existent, elles sont là, elles nous attendent. Il nous manque juste, en cette heure, la volonté politique et la conscience collective d’un autre possible, et quelques leaders organisateurs, pour que sa mise en place s’accomplisse.

De la propension que nous aurons à les réaliser, au plus vite, dépendra la façon dont elles s’imposeront. Si nos dirigeants continuent à ne rien entendre et à ne rien voir viendront les tribuns démagogues, incarnation des extrêmes, précédés par leurs messages de haine ou d’appropriation, selon qu’ils viennent d’une excroissance de droite ou de gauche.

Ces tribuns, selon leur camp, seront suivis par tous les citoyens, puisqu’à ceux-ci on aura fait croire qu’il n’y avait pas d’autres solutions.

Cette société est devenue invivable pour les gens qui ne sont pas des esclaves.

Pire encore elle sera, si nous continuons dans ce sens, la tyrannie n’est pas loin. Peut-on continuer à accepter l’inacceptable ? Une démocratie sans députés pour faire contrepoids aux décisions bureaucratiques du gouvernement, n’est qu’une démocratie fictive, surtout quand le gouvernement, au lieu de gouverner, légifère.

Quant à ceux qui veulent que la France reste une puissance de première grandeur, à ces nostalgiques, nous pourrions dire que la France n’est grande que par les valeurs structurantes que ses dirigeants établissent.

Que ses leaders prennent l’initiative des réponses aux grandes questions que l’humanité se pose et sa grandeur s’affirmera.

La France ne sera grande que par les idées qui en émanent et qui ont vocation, comme le fait un phare, à diriger ceux qui en ont besoin. J’en profite pour rappeler à nos dirigeants, et aux hommes, que les grand-chose ne se font qu’avec de grands hommes. Que les grandes idées ne s’incarnent qu’avec des hommes de courage.
Pas de ceux qui laissent, seulement, leurs noms à des rues, à des places, ou à des gymnases.
Hommes dont on ne sait plus ce qu’ils ont fait, ni qui ils étaient, cinquante ans après leur décès. Mais de ceux qui laissent, par la grandeur de leurs idées, ou de leurs actes, leurs noms dans l’histoire et dans la conscience collective.
La grandeur des hommes ou des destins n’est pas d’accéder à une fonction. La grandeur des hommes tient seulement et simplement à ce qu’ils en font, et comment ils en usent.
L’ambition en politique, pour être juste et saine, doit obligatoirement être accompagnée par la volonté de servir les grandes causes et l’intérêt général. Sinon, elle n’est qu’orgueil tyrannique, ou volonté dérisoire.
De ces hommes, j’espère qu’il en existe encore, sinon je prêche dans le désert, pas tout à fait, d’ailleurs, car ce désert est bleu. Ce message est une bouteille à la mer. Si Dieu le veut, elle tombera entre des mains prêtes à la recevoir.

 


Roger MESTRES - juin 2006

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