UN PEU D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
 

QUELLE MÉDECINE ?

En économie politique, comme en médecine, il y a, essentiellement, deux catégories de médications, deux façons de traiter le mal. Celle qui traite la douleur sans traiter la maladie, et celle qui traite la maladie en traitant, évidemment, mais accessoirement, la douleur. Nous vous demandons, Messieurs les politiques, laquelle de ces médications, voudriez-vous que votre médecin vous administre ?

 

Nous constatons, depuis beaucoup trop longtemps, que les « conseillers » qui entourent nos hommes politiques leur préconisent, malheureusement, toujours, la première catégorie de traitement. Attention, vos prescripteurs ne se contentent pas, d’essayer d’endormir le peuple. Ils ont la haute faculté d’endormir, tous ce qui bouge, ou plutôt ce qui ne bouge plus, y compris et surtout, nos hommes politiques, et d’ailleurs tous les êtres qu’ils entourent.
 

C’est, avant tout, ce qu’on leur a appris dans les hautes écoles. Celles d’où sortent nos élites. Convaincre et endormir pour durer, peu importe la vérité ou le besoin, la fin justifiant les moyens. Je vais profiter de cet instant, ou j’emploie le mot « élite », pour en donner une définition, d’abord, et seulement, du point de vue du caractère. Je laisserai de côté l’une des parties aussi importante, et certainement innée, qu’ils doivent détenir, cela ne s’apprend pas, l’intelligence. Caractère, qui me semble être celui, que les citoyens doivent d’abord rechercher en ceux qui, unilatéralement, s’en proclament l’incarnation. Les élites ne sont pas celles qui exigent des autres, mais d’abord, et surtout, elles sont celles qui sont exigeantes avec eux-mêmes.
 

LES SOLUTIONS EXISTENT

Messieurs les dirigeants, les solutions aux problèmes économiques récurrents de nos sociétés existent. Mais, attention, vous ne les trouverez pas dans les boules de cristal des voyantes, que certains consultent. Ces solutions ne peuvent plus et ne doivent plus être réalisées horizontalement, par l’expansion, par la guerre, par la désignation du bouc émissaire, par l’appropriation des biens et des terres d’autrui, la répartition est faite. Elles doivent se réaliser verticalement, par la cogitation, par la globalisation, par la réalisation d’idées nouvelles.

Ces solutions ne peuvent être le fruit que d’une vision d’ensemble. Leurs applications ne peuvent être que globales, prisent par tous les États. Ces solutions n’appartiennent, ni à la droite, ni à la gauche, ni à leurs extrêmes. Elles appartiennent à l’humanité dans tous ses composants. Elles ont une portée d’intérêt général mondial. Toutes les solutions aux problèmes actuels, qui ne sont pas portées, maintenant, à cette hauteur, sont sans valeur pour notre avenir. Elles n’auraient que l’efficacité d’un cataplasme sur une jambe de bois.

Les fausses solutions qui consistent, pour perdurer, et rendre moins virulents les groupes de pression, à emprunter de l’argent, précipitent nos sociétés entre les mains, sales, de quelques escrocs usuriers. Qui soumettent, celles-ci, entre autres, sous le joug de la finance de l’usure et de la spéculation instituée. Pour prêter cet argent, ces marchands du temple, en plus des agios exorbitants, demandent en contrepartie aux emprunteurs, lorsque ce sont des États, de se départir de leur patrimoine par la vente d’actifs boursiers de biens immobiliers, d'infrastructures, à des prix dérisoires. Pour les actions, ils les revendent au plus haut, après quelques effets d’annonce émis par leurs banques d’investissements qui par leurs « conseils » financiers, selon leurs intérêts, influe directement sur les marchés boursiers spéculatifs à court terme, faisant monter l’action artificiellement. Quelques semaines plus tard, ils revendent ces actions, au plus haut, puis se les réapproprient, à chaque baisse produite artificiellement, par les mêmes causes, visées plus haut, qui produisent les mêmes effets, mais, dans l’autre sens. Ces banques d’investissements, juges et parties, créent, de toutes pièces, cet effet de yo-yo entre chaque krach boursier. Ils s’approprient, au passage, les économies des petits épargnants. Le tour est joué. Ils ont pillé l’État. Ils ont volé les épargnants. Ils se sont rempli les poches.

N’oublions pas, aussi, l’action corrosive que ces prêteurs ont sur les communes, là encore sous d’autres enseignes. Ces communes qui écoutent le chant des sirènes, à qui ils demandent, le remboursement par les moyens de produits financiers piégés, entraînants la levée de toujours plus d’impôts, et dans le pire des cas, leur ruine. Ces produits financiers de haute toxicité, inventés de toutes pièces, par leurs conseillers, efficaces ceux-là, servent à s’approprier, là encore, une énorme part de l’actif du budget communal, grevant leurs dépenses par des agios colossaux, tout cela au détriment des contribuables. Le monde entier est passé sous le joug de ce formidable tonneau des Danaïdes de la finance. Nous n’en sortirons que par une volonté politique sans faille et sans faiblesse. Comme Alexandre il faudra couper ce nœud gordien !

En cet endroit, je ne peux m’empêcher d’introduire, en aparté, une digression - vérité extraordinaire - qui pourrait sembler a priori saugrenue, mais qui pourtant est une vérité objective. Cette vérité je vais l’aborder en posant une question. « Les financiers sont-ils des marxistes ? ». Non, cette question n’est pas une blague. Si nous considérons que l’essentiel, dans l’application de la théorie économique marxiste, ce qui en conditionne la réussite, c’est l’appropriation des moyens de production et l'internationalisation de la chose, nous pouvons dire que ces financiers, de l’usure et de la spéculation, sont les plus grands marxistes existant à ce jour. Même si, évidemment, Marx en voyait l’application par ce qu’il appelait le prolétariat. En définitive cette théorie aura été appliquée de deux façons extrêmes, par le prolétariat, et par les financiers. Nous pouvons voir et juger où nous mène la réalisation de cette grande théorie, dans un sens ou dans l’autre, à des catastrophes internationales. D’un côté tiré par la volonté de réduire l’humanité à une machine vivante sans volonté propre, plate et sans différence, où toutes les têtes qui dépassent doivent être tranchées. De l’autre coté humanité réduite à l’état d’esclave de la finance, dont les êtres sont comme des pions individualisés, où la réalité n’est qu’une image sur un échiquier accessoire, pseudo démocratique, dont les lois et la justice sont imposées par les magnas de la finance, par l’intermédiaire de leurs marionnettes politiques. Politiciens évidemment impuissants et sans autre pouvoir que celui d’obéir aux maîtres et financiers de leurs élections. Tout cela, d’un côté ou de l’autre, dans le but de servir largement une extrême minorité de menteurs ou/et de voleurs…
 

LES CATACLYSMES ÉCONOMIQUES MAJEURS 

Messieurs, les dirigeants, plutôt que de chercher les moyens de payer les agios des sommes prêtées par ces fossoyeurs de l’économie. Moyens qui d’ailleurs sont toujours identiques : Ils consistent à emprunter encore et encore. Vous feriez mieux de vous poser les bonnes questions : comment répartir les richesses pour réalimenter la machine économique ? Un Premier ministre nous demandait, il y a quelques années, de dépenser notre argent. En soi l’idée était très bonne. Pourtant, si nous l’avions eu en face de nous, nous lui aurions dit. « Qu’il faudrait, d’abord, qu’il nous en donne. »

Votre façon d’encadrer l’économie, les règles que vous employez pour la régir a toujours conduit nos sociétés à des catastrophes économiques majeures. Jusqu’à maintenant la solution et les moyens que les sociétés employaient pour sortir de la crise étaient de tout casser, pour tout reconstruire, la guerre ! Cette solution radicale et primaire, toujours illégitime, sans moyens législatifs, n’utilisant que la force brute était suivie d’une période de plein-emploi.

Pour cause, tout ayant été détruit, il fallait tout reconstruire, un nouveau cycle recommençant. Le capital financier et productif du pays épargné par les bombes, pourvoyeurs de matériels de guerre en tout genre, après les armistices, se mute en capitaux financiers prêtant aux fous qui ont tout cassé chez eux. La suite nous la connaissons, nous la vivons actuellement. Comme toujours par la mauvaise redistribution des richesses produites, et les effets de vase communicant spéculatif, les richesses se retrouvent accumulées entre quelques mains qui n’ont plus comme solution, pour « gagner » plus d’argent, que d’augmenter encore, les moyens spéculatifs. L’effet de cette cause étant de spolier l’économie productive du carburant dont elle a besoin pour se régénérer. Cette situation perdure, jusqu’au point critique, où les marchandises produites ne peuvent plus être achetées. Le sous-effet est que la production s’arrête, en créant un chômage massif qui accentue, évidemment le premier effet rendant le problème totalement insoluble. Sans une action réelle sur la répartition des richesses produites, et l’interdiction de l’usure spéculative.

Suite à cette déconfiture, récurrente, maintenant, nous ne pouvons plus nous montrer du doigt en disant, c’est à cause de l’autre, « l’étranger ». Doigt accusateur dirigé vers l’autre côté de la frontière, doigt qui ne désigne pas les vrais coupables ni les vraies causes. Cette période est révolue, il faut trouver autre chose, une solution réelle. Il faut diagnostiquer la vraie maladie. Celle qui gangrène nos sociétés, et qui ampute les hommes qui les constituent, d’un patrimoine régénérateur. Là encore, vos conseillers économiques n’ont pas l’air d’être à la hauteur, et ne font pas de bons diagnostics. À décharge pour eux, il est toujours très difficile de maîtriser deux grands arts à la fois. Difficile d’être, en même temps, un virtuose du violon et de la médecine.

Roger MESTRES - avril 2007

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